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Morning symptoms and physical activity

The morning is the most troublesome part of the day1 for many COPD patients and morning symptoms impact the patients' ability to carry out their morning routine. Dr. Peché (President of BVP/SBP) discusses this dimension of COPD and the impact on the clinical practice based on a recent publication in The European Respiratory Review.

  

D’après un article publié dans ‘La référence médicale’*

 

La référence médicale : Des symptômes matinaux sont observés chez les patients BPCO à tous les stades de la maladie. En faites-vous également l’expérience dans la pratique clinique ?

Dr Rudi Peché : Absolument. Chez plus de 50 % des patients BPCO que je vois dans la pratique clinique – et ce aux différents stades de la maladie– les symptômes matinaux sont les plus gênants. Les patients ne signalent pas toujours ces symptômes spontanément, mais une conversation avec le patient et des questions posées de manière ciblée permettent de mettre les symptômes clairement en évidence. Personnellement, je trouve qu’il faut établir une distinction entre les symptômes présents lors du réveil lui-même et les symptômes observés lors des premières activités matinales (notamment se laver ; s’habiller ; aller aux toilettes ; préparer le petit-déjeuner). Toutes ces activités matinales semblent simples à effectuer pour une personne en bonne santé, mais elles représentent déjà un gros effort pour de nombreux patients BPCO. La toux et la production de glaires sont généralement les symptômes qui se manifestent au réveil chez un patient BPCO.

La majorité des patients BPCO sont des adultes âgés qui sont aux prises avec leur maladie depuis pas mal de temps. Paradoxalement, ces patients sont nombreux à trouver leurs symptômes normaux. C’est pourquoi il est extrêmement important, en tant que médecin, d’interroger activement les patients sur leurs symptômes et sur les difficultés qu’ils éprouvent lors de leurs activités le matin, en journée, le soir et durant leur sommeil. Dans la pratique, je les questionne systématiquement sur les symptômes de BPCO. Il est également important de vérifier si le patient reporte certaines activités – par exemple prendre une douche ou s’habiller – parce qu’il est trop essoufflé. Je demande donc toujours spécifiquement à quel moment les symptômes sont présents.

La référence médicale : Quels symptômes matinaux sont le plus faciles à identifier et comment pouvez-vous en tant que médecin détecter systématiquement ces symptômes ?

Dr Rudi Peché : Les symptômes matinaux le plus souvent signalés sont la toux, l’expectoration et l’essoufflement. Ces symptômes peuvent se manifester tant spontanément qu’après un effort. Malheureusement, il n’existe pas de questionnaire validé pour ces symptômes matinaux. Le questionnaire MMRC (Modified Medical Research Council Dyspnea Scale) donne certes un aperçu des symptômes de BPCO, mais n’est absolument pas conçu spécifiquement pour identifier les symptômes matinaux.

La référence médicale : De quelle façon pouvons-nous, dans le traitement optimal des patients BPCO, tenir compte de l’impact des symptômes matinaux sur les activités physiques de la journée ?

Dr Rudi Peché : Il est très important d’expliquer au patient que la BPCO est une maladie chronique, mais qu’en souffrir n’implique pas de ne plus être physiquement actif. Bien au contraire, maintenir un niveau suffisant d’activité physique est d’une extrême importance pour un patient BPCO. Nous ne pourrons jamais assez faire comprendre à nos patients BPCO que les activités physiques sont possibles moyennant un entraînement suffisant. Il faut toujours viser un équilibre entre la prise en charge médicamenteuse de la maladie et une activité physique suffisante. Le patient se montrera souvent réticent et affirmera qu’il n’est plus capable d’effectuer des activités physiques. Il faut dès lors user de persuasion et proposer des activités physiques à sa portée, qui peuvent être répétées et contrôlées quotidiennement. Avec l’aide du kinésithérapeute ou des collaborateurs du centre de revalidation, nous arrivons à mobiliser la majorité de nos patients BPCO dans notre centre. D’après mon expérience, pour beaucoup de patients BPCO qui ne bougent plus depuis des années, l’utilisation d’un home-trainer est le tremplin le plus efficace pour redevenir progressivement plus actif. La combinaison d’une activité physique et d’un traitement médicamenteux doit se faire idéalement au stade précoce de la BPCO. À un stade plus avancé de la maladie, l’initiation et le maintien d’activités physiques exigent beaucoup plus de travail et sont plus difficiles pour le prestataire de soins comme pour le patient.

La référence médicale : Le Dr Amanda van Buul affirme dans sa revue de littérature qu’avec la bonne approche thérapeutique les symptômes matinaux et leur impact négatif sur l’activité physique peuvent être combattus. Comment expliquer cet effet et quelle est votre expérience dans la pratique clinique ?

Dr Rudi Peché : Dans le cadre du traitement pharmacologique – je songe spécifiquement aux associations fixes LABA/ LAMA – il faut évidemment faire une distinction entre une administration uni- et biquotidienne. Selon mon expérience, de nombreux patients ne prennent pas toujours spontanément leur médication le matin au réveil. Dans la pratique, beaucoup de patients BPCO me disent qu’ils ne prennent leur médication matinale qu’à 9 ou 10 heures. L’avantage d’une médication BPCO à prendre le matin et le soir est que le patient ressent encore le matin l’effet thérapeutique du médicament qu’il a pris le soir précédent. La dose matinale doit évidemment être en principe toujours prise le plus tôt possible, mais mon expérience m’a appris que tous les patients BPCO ne le font pas. Les études cliniques ont en outre démontré que les patients BPCO qui prennent une dose biquotidienne d’une association fixe LABA/LAMA, en l’occurrence aclidinium/ formotérol, sont en mesure d’accomplir beaucoup mieux les activités du matin et présentent significativement moins de symptômes qu’avec un des deux composants en monothérapie.

*La Référence Médicale, n°  4 avril/mai 2017

Référence:

1. Partridge et al., Curr Med Res Opin 2009;25:2043-2048